Cancer de la prostate localisé: une signature moléculaire pour identifier les tumeurs à faible risque de progression

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. L‘ablation totale de la prostate, ou prostatectomie radicale, est le traitement de référence des cancers localisés de la prostate. Toutefois, cette intervention peut s’accompagner d’un certain nombre de complications susceptibles de détériorer la qualité de vie des patients et sa justification est parfois discutable. En effet, si d’un côté 15 % des cancers traités récidiveront et progresseront vers une maladie métastatique, de l’autre, une partie des patients ne devraient pas être opérés car leur tumeur est indolente et nécessite simplement d’être adéquatement surveillée. La juste prise en charge du cancer de la prostate reste donc aujourd’hui un défi clinique majeur et pâtit d’un manque d’outils permettant d’identifier précisément les tumeurs indolentes qui ne progresseront pas. Des travaux menés par l’équipe CIT, en collaboration avec Olivier Cussenot, chef du département d’urologie des Hôpitaux Universitaires Paris Est, ont permis d’identifier au niveau moléculaire un sous-type de tumeurs correspondant à environ 20 % des patients et fortement prédictif d’une absence totale de progression de la maladie. Ces travaux, publiés dans la revue Annals of Oncology, révèlent une liste de marqueurs moléculaires à des fins de diagnostic clinique. Une surveillance active pourrait ainsi être systématiquement proposée à un patient sur cinq présentant un cancer de prostate localisé, évitant ainsi une prostatectomie radicale.