Archives de l’auteur : Laetitia Marisa

Tumeurs colorectales, l’analyse du microenvironnement immunitaire précise le pronostic

Des recherches menées en collaboration avec l’équipe d’Alex Duval (Inserm UMRS 938, Centre de Recherche Hôpital Saint-Antoine, Paris) nous ont permis de mieux évaluer l’impact du microenvironnement tumoral sur le pronostic des tumeurs colorectales. Ces travaux expliquent également pourquoi certaines immunothérapies sont efficaces dans une population particulière de patients touchés par le cancer colorectal.

Les tumeurs contiennent à la fois des cellules tumorales et des cellules non tumorales. Ces dernières, très diverses, forment ce qu’on appelle le « microenvironnement tumoral ».  Les cellules du microenvironnement peuvent avoir un effet majeur sur l’évolution de la maladie cancéreuse. Par exemple, il est bien connu qu’une forte infiltration lymphocytaire, typique de certaines tumeurs dites « MSI », est un facteur de bon pronostic dans les tumeurs colorectales. De façon intéressante, les tumeurs MSI au stade métastatique répondent très bien aux immunothérapies conçues pour activer la réponse immunitaire des patients en débloquant l’activité des lymphocytes T (appelées thérapies basées sur les inhibiteurs de checkpoints immunitaires). Partant de ce constat, l’équipe d’Alex Duval et les bioinformaticiens de CIT ont étudié le microenvironnement des tumeurs colorectales en visant à évaluer de façon extrêmement complète la qualité de la réponse immunitaire antitumorale. Leurs résultats ont mis en évidence qu’au sein des tumeurs MSI métastatiques la réponse immunitaire antitumorale ne peut se développer en raison d’une très forte expression de facteurs inactivant les lymphocytes T, pourtant présents en quantité importante. Au final, la méthode développée permet d’obtenir une information pronostique plus précise que la seule analyse de l’infiltration lymphocytaire. Elle pourrait également, à l’avenir, se révéler particulièrement utile pour guider l’utilisation des immunothérapies basées sur les inhibiteurs de checkpoints immunitaires dans le traitement du cancer colorectal.

L. Marisa, M. Svrcek, A. Collura, et al., The Balance Between Cytotoxic T-cell Lymphocytes and Immune Checkpoint Expression in the Prognosis of Colon Tumors. JNCI, 2017. PMID: 28922790

Nos travaux sur la validation de l’intérêt clinique de la classification moléculaire des cancers colorectaux seront présentés à l’ASCO 2017 le 6 juin prochain

IDJ_20170531_CITatAsco2017
Après l’élaboration d’une classification moléculaire des cancers colorectaux faisant consensus au niveau international, nous avons entamé le développement d’un outil diagnostic et prédictif visant à améliorer la prise en charge des patients souffrant de ces cancers. Les premiers résultats des travaux de validation de cet outil seront présentés lors du congrès international de l’Association Américaine d’Oncologie Clinique (ASCO) qui se déroulera à Chicago du 2 au 6 juin 2017. L’ASCO est le plus important congrès mondial dédié à la cancérologie clinique.

En collaboration avec l’équipe de Pierre Laurent-Puig, médecin gastroentérologue à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris (Inserm UMR-S775, Paris), l’équipe CIT développe aujourd’hui un outil permettant l’utilisation en clinique de la classification moléculaire des cancers colorectaux (1, 2). L’intérêt de cet outil pour le diagnostic et la prédiction de la réponse au traitement fait l’objet d’études de validation conduites sur de larges cohortes de patients. Une première étude a été réalisée sur une cohorte de plus de 1 700 patients issue de l’essai clinique PETACC-8 de la Fédération Francophone de Cancérologie Digestive (FFCD), traités ou non par le traitement ciblé Cetuximab. Les premiers résultats de ces travaux ont été sélectionnés pour faire l’objet d’une présentation orale lors de l’ASCO 2017 (3). Cette présentation se tiendra dans la matinée du mardi 6 juin lors de la session Clinical Science Symposium: Making Sense of Consensus Molecular Subtypes. Accueillant près de 30 000 participants, l’ASCO est chaque année l’occasion d’annonces de première importance pour l’évolution des pratiques cliniques en cancérologie.

(1) L. Marisa et al., 2013, Plos Medicine
(2) J. Guinney et al., 2015, Nature Medicine
(3) ASCO, American Society of Clinical Oncology, Annual Meeting 2017

La présence de la fusion des gènes PAX/FOXO1 est un facteur de risque dans les rhabdomyosarcomes

Les rhabdomyosarcomes, qui sont les plus fréquents parmi les sarcomes de l’enfant, se présentent sous 2 formes histologiques distinctes de pronostic différent, les embryonnaires et les alvéolaires. Ces derniers sont de mauvais pronostic et présentent de fréquentes fusions entre les gènes PAX et FOXO1. L’étude de la survie en fonction de la présence ou non de la fusion, menée par l’équipe d’Olivier Delattre (Institut Curie) et qui vient de paraître dans JCO, révèle que la présence de la fusion surpasse l’histologie pour stratifier le risque clinique de ses tumeurs.

Williamson_RMS_JCO_2010_fig

 

Une signature à 16 gènes permet de discriminer un sous-groupe agressif d’hépatoblastomes et de prédire le pronostic

Les hépatoblastomes, qui sont les formes les plus fréquentes du cancer du foie pédiatrique, sont systématiquement associés à une dérégulation de la voie de signalisation Wnt/ß-caténine. L’analyse du transcriptome et du génome de ces tumeurs a permis de mettre en évidence deux sous-groupes distincts de tumeurs, dont un plus agressif impliquant une surexpression de la voie de signalisation Myc. Une signature moléculaire à 16 gènes permet de discriminer ces 2 sous-groupes présentant un intérêt clinique. Cette étude, impliquant l’équipe du Dr. Marie-Annick Buendia (Institut Pasteur) et le programme CIT, a été publiée dans Cancer Cell.

Cairo_CanCell_2009_fig